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  • : Ça fait marrer les écureuils
  • Ça fait marrer les écureuils
  • : humour Détente Loisirs
  • : Si tu trouves que les routes qui vont tout droit sont pratiques mais terriblement ennuyeuses, si, condamné à passer le reste de ta vie sur une île déserte tu choisis d'emporter avec toi tes bouquins de Jean Giono et de Manda Scott, si tu te dis qu'il faut avoir traversé le tumulte pour savoir le silence, et si tu aime raconter les histoires à ta façon à toi, alors je te souhaite que ce blog te soit agréable.
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Samedi 9 février 2008 6 09 /02 /Fév /2008 12:14
O hame fain wad i be, hame in your ain country !

...En attendant, aujourd'hui je peux peut-être me dégoter un maillot du 15 du trefle ?

Bon le plus dur ça va être d'en trouver un à ma taille parce que...  :-) Celui qui se souvient m'avoir vu sur un stade de rugby avec un ballon ovale et quinze mollos à mes trousses pour essayer de me le piquer, faut absolument que je pense à lui demander comment ça s'appelle ce qu'il fume...

Par Scalpa - Publié dans : Notes d'humeur
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Vendredi 8 février 2008 5 08 /02 /Fév /2008 06:45
Nous sommes en 2008 et vous croyez toujours tout ce que vous lisez sur Internet. Bonjour !

Vous n'êtes pas raisonnables, aussi ! Déjà, quand on nous donne une information, ou quand on nous permet d'y accéder, nous devrions toujours nous demander qui nous la donne ? et pourquoi on nous la donne (ou pourquoi on nous la refuse) ? Ces questions m'apparaissent (peut-être) aussi instructives que de savoir si le contenu de ces informations est vrai ou non.

J'en ai un peu marre de toute cette presse qui, pour faire parler d'elle sans doute, n'hésite pas à aller fouiller les poubelles et, au mépris de notre capacité à connaître la complexité des relations humaines, vient - à supposer que l'info soit vraie, ce qui n'a rien d'évident - décontextualiser et amplifier un fragment de vie privée.

Mais pour qui on nous prend ?

J'espère qu'avant une semaine on ne parlera plus du tout du prétendu SMS de Sarkosy. Voilà !
Par Scalpa - Publié dans : Notes d'humeur
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Jeudi 7 février 2008 4 07 /02 /Fév /2008 23:50
Les filles de 1960 sont sur la dernière ligne droite au bout de quoi elles voient se profiler leurs cinquante ans (quoi les mecs aussi ? Oui mais c'est pas le sujet et puis d'abord ça suffit! ) Ce n'est pas un scoop évidemment ; mais ça résonne quand-même aux oreilles comme une paire de claques. Elles vont négocier le virage de la ménopause - certaines y sont déjà - avec plus ou moins de bonheur. Ont-elles parfois le souvenir du temps où leurs corps modelaient les premières ébauches de la femme qu'elles allaient devenir, de leurs premières règles qui la pressait dans leur esprit, de leurs premiers émois, de leurs premiers brouillons de premières fois, de leur désir d'enfants grandissant jusqu'à devenir incompressible, de leur enfance à elles qui foutait le camp dans les greniers du révolu ? Faudrait le leur demander hein ?

Les filles de 1960 se sont pâmées devant Dave et Patrick Juvet à la télé, et un peu plus tard devant Freddy Mercury dans des petites salles de banlieue. Ballavoine était alors un p'tit jeune travaillant des gingles pour des émissions pour ados. Alors elles ont pleuré Mike Brandt, puis Claude François. Que voulez-vous ? A ces âges on pleure ce qu'on a sous la main :-) Puis un jour  elles sont allé vibrer pour Starmania. Parfois elles écoutaient Mike Oldfield, parfois elles chantonnaient Jean-Michel Caradec (t'as pas la bouche rouge, t'as pas les yeux charbon-noir, t'as pas les ongles peints... t'es naturelle et mon palais, c'est ta chambre.)

Leurs ainés avaient fait Mai-68 - elles étaient beaucoup trop jeunes à l'époque - alors pour ne pas baisser la garde elles ont milité contre l'implantation des centrales nucléaires et pour que les pétroliers cessent de chier n'importe-où dans la mer. Certaines ont découvert la Bretagne pour la première fois en allant nettoyer les plages, les rochers ou les oiseaux souillés par le brut de l'Amoco Cadiz. Elles ont brandi le point contre la peine de mort, et elles ont gagné ! 

Leurs ainées s'étaient battues pour l'égalité des sexes et notamment le travail des femmes qui leur garantierait plus d'indépendance ; puis quand les filles de 1960 sont arrivées sur le marché du travail, comme on dit, ben y'en avait plus de travail. On appelait ça la crise du pétrole. En France, on flirtait avec le... million de chômeurs puis le million et-demi, etc... 

Elles ont dansé dans les rues jusqu'à très tard le soir du 10 mai 1981 les filles de 1960 !

Après... c'est une autre histoire.
Par Scalpa - Publié dans : Le café de la Poste
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Lundi 4 février 2008 1 04 /02 /Fév /2008 21:36
On dirait un peu le titre d'une fable de La Fontaine. Hein ouais ? Mais si attends euh... Une asperge ayant chanté tout l'été..... Alors qu'au départ, moi, je cherchais juste une recette un peu originale avec des asperges, c'est tout. Ben oui parce que moi j'aime bien les asperges mais  en moyenne quand je mange des asperges, je les trampe dans une vinaigrette basique et c'est bon comme ça. Là, pour changer, je décidai de chercher quelque chose de plus surprenant. Je mis vaguement le nez dans mes deux ou trois livres de cuisine (que j'ouvre rarement) et, en désespoir de cause, décidai d'aller tenter ma chance en allant faire un tour sur la toile du net en me disant que j'y trouverais bien quelque chose sur le sujet. Bref. Et je tombe sur une recette d'asperges sauce gribiche et je lis : "découvrez sans tarder la complémentarité de ces deux ingrédients : la finesse de l'asperge se marie parfaitement au piquant des cornichons (...)" 

M'enfin, mais c'est pas drôle ! c'est de la cuisine :) Vous avez jamais fait une sauce gribiche ? Moi non plus mais suffit de lire, d'y faire et d'y ajouter des asperges, comme
c'est écrit dans l'article, et basta ! Moi je dis ça mais je suis nul en cuisine, les sauce, je préfère les acheter, ça vaut mieux !

Bon allez. Pour être tout à fait franc, j'étais pêté de rire en lisant ce truc là. C'est pas ma faute :-)
Par Scalpa - Publié dans : Le café de la Poste
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Mercredi 30 janvier 2008 3 30 /01 /Jan /2008 22:27
Papou, racconte-moi une histoire sans fin ste plaaait 

Ça c'était il y a longtemps parce qu'aujourd'hui ça mesure une tête de plus que moi, ça m'appelle plus Papou et ça me demande plus de racconter des histoires, même avec des fins...

Pour me vanger, je vais vous en racconter une. Voilà !

Alors voilà.
Un jour, Paddy sortit de chez lui
porter du grain à moudre au meunier.
Son chemin croisa celui d'un chien perdu
qui portait un collier d'où pendait une médaille en argent.
Sur la médaille, était gravé le nom de la maison de son maître.
A grand peine, il rapporta le chien à son propriétaire
qui attacha la bête, remercia Paddy
et s'enferma dans sa demeure.
Comme il était tard, notre homme rentra chez lui
avec son sac de grain sur l'épaule.
Dans la nuit, le chien se sauva de nouveau.

Le lendemain, Paddy sortit de chez lui
porter du grain à moudre au meunier.
Son chemin croisa celui d'un chien perdu
qui portait un collier d'où pendait une médaille en argent.
Sur la médaille, était gravé le nom de la maison de son maître.
A grand peine, il rapporta le chien à son propriétaire
qui attacha la bête, remercia Paddy
et s'enferma dans sa demeure.
Comme il était tard, notre homme rentra chez lui
avec son sac de grain sur l'épaule.
Dans la nuit, le chien se sauva de nouveau.

Le lendemain, Paddy sortit de chez lui...

Bon. J'arrête là ou je continue ? :-)


Que la nuit vous soit agréable !





Par Scalpa - Publié dans : Les ailes du délire
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Mardi 29 janvier 2008 2 29 /01 /Jan /2008 22:02
Vous avez croisé la page d'accueil de Google hier ? Une jolie surprise nous attendait ; pour marquer le 50e anniversaire de la sortie de la célèbre brique Lego dans sa version disons... définitive, ils en avaient emboîté de manière à former les lettres du logo coloré de Google. Il se trouve que la page d'accueil de Google est celle que j'ai par défaut sur les deux ordinateurs que j'utilise le plus couramment à savoir le mien perso et celui du bureau. Aussi, arrivant au bureau justement, j'ai tout de suite identifié sur l'écran ces vieilles connaissances avec leurs plots caractéristiques que j'avais rencontré pour la première fois à l'âge de cinq ans et qui m'ont accompagné fidèlement durant presque les dix années suivantes. Pensez-donc ! Un concept aussi simple - au moins en apparence - et au final une game de produits extrardinairement modulables, évolutifs à souhait, qui grandit avec l'enfant, puis surtout un puissant stimulateur d'imagination. Au départ à cinq ans, j'ai reçu une boite toute simple pour réaliser des choses toutes simples. Puis au fil des années, ça devenait de plus en plus complexe, et donc de plus en plus passionnant.

C'est bien simple, le premier Legoland qui a ouvert sur cette planète, c'était ma chambre. Des pièces de Lego, y'en avait partout ; des montées, des en chantier, des démontées, des en vrac, des par-terre en bande, des par-terre toute seule, les plus mauvaises. Tu sais c'était le genre qui se planquait bien en se fondant dans le décor, tu arrivais pied nu, tu faisais pas gaffe et tu posais la plante de ton pied en plein dessus en appuyant de tout ton poids bien-sûre. S'en suivait alors un rituel assez poignant. Tu prenais ton pied meurtri dans ta main en poussant un grand cri suivi immédiatement d'une litanie - toujours à peu près la même à de minces variantes près - parsemée de mots incompréhensibles et de propos venimeux à l'endroit des Dieux dannois et d'ailleurs. Moi j'en connaissais pas des dieux de par là mais je développais bien mon vocabulaire en même temps que l'imagination par contre. D'une pierre deux coups que ça faisait ! Bref, un vrai jeu éducatif quoi :-)

Ce qui était pratique aussi avec ces jeux-là c'est que quand tu achetais une nouvelle boite complètement mieux que la précédente, tu pouvais intégrer dans tes constructions toutes tes pièces des boites que tu avais déjà jusqu'à la plus vieille. Maintenant quand tu rachète une nouvelle console ou un ordinateur avec un nouveau système, ben c'est pas garanti du tout que tu peux y faire tourner tes vieux trucs ou tes vieilles applications. Souvent faut racheter la dernière version ; quand c'est pas la fiche du casque du téléphone mobile qui rentre pas dans les prise des lecteurs MP3 parce que c'est pas la même marque, la même game de produits, gna-gna-gna... Mais je sens qu'en partant dans cette direction, je vais vite m'éloigner du sujet.

Parmi les souvenirs qui me sont remontés spontanément des profondeurs de ma mémoire, il y a eu la vision de l'avenir que j'espérais à l'époque, de la société qui, ça ne me faisait  aucun doute, serait Legoiste ou Legoïde si on veut. A savoir que le plus grand pourrait y être une construction de briques fondamentales. Je crois que c'est vers 14-15 ans, à l'époque où j'ai abandonné mes constructions en briques et autres pièces de couleurs que j'ai commencé à découvrir ce qu'était le fédéralisme. Vous allez me dire que je mélange tout, que je m'éparpille, qu'il n'y a aucun rapport... Rien à voir ?

Je crois que si je devais un jour être réduit à écrire un manuel du parfait dictateur - ce qui serait comme patauger au fond de la boue quand-même - j'y conseillerais de prohiber sévèrement tous les jeux qui consistent à l'aide de briques à construire des maisons, des voitures, des camions, des trains, des bateaux, des avions, des fusées, et des tas de trucs qui n'existent même pas. Pour marcher droit et en silence, l'imagination peut vite se révèler un handicap...

Seul le meilleur est assez bon ? Bien sûre que oui ! En faisant une recherche, assez rapide je le reconnais, j'ai retrouvé plusieurs slogans de la marque, mais je trouve à celui-ci quelque chose de plus qu'une volonté commerciale, que l'expression d'un souci affiché de perfection appliquée à un produit ou à des services. Je me verrais bien en faire une devise personnelle, ou au moins un mini-cadre sur le côté intérieur de ma porte d'entrée, un peu comme un panneau de direction. Enfin je sais pas, quelque chose comme ça...
Par Scalpa - Publié dans : Notes d'humeur
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Samedi 26 janvier 2008 6 26 /01 /Jan /2008 00:00
Ce soir-là, comme tous les jeudis qu'il revient de sa séance de yoga, Gérard Jumeau remonte le long de la vieille rue de la Lanterne au Roy  jusqu'au café de la Poste que Ginette et lui tiennent depuis les premiers temps de leur vie comune, voilà bientôt dix ans. Le bureau de poste, quand à lui, a été déménagé sur la Grand-Rue mais on a gardé son nom au bistrot. C'est ainsi qu'en bas à quelques mètres en face de la poste actuelle on trouve un bar-tabac de la Grande Poste. Gérard pousse la porte du café et replie son grand parapluie noir trampé qu'il dépose dans le porte-parapluie en bois foncé dans le coin près de l'entrée. Quatre clients attablés, des habitués, jouent aux cartes. Dans un coin un vieil homme lit son journal. Ginette, affairée derrière le comptoire lance à son homme un regard amusé et lui dit.

- Alors, ça va comme tu veux ?

- Ouais, à part g'ça pleut des cordes, ça y a pas arrêté dpis ç'matin. C'est pénible !

- Non mais tu t'entends des fois comment tu parles ? Il y a des clients qui m'ont déjà dit qu'ils comprennent pas toujours ce que tu dis.

- Euh ! Doit pas y'en avoir beaucoup.

- Ben... non mais quand-même. Puis d'abord je te signale qu'on dit il pleut, et pas ça pleut. On dit peut-être comme ça dans ta cambrousse, mais pas ici.

- Oh ! Ma chère, je suis sincèrement désolé ! - quelques secondes de silence puis - ben si just'ment c'est normal d'dire ça pleut, je t'esplique ; Euh... non j'vais d'donner un exemple. Ecoute ça. Si ch'te dis : le roi s'en va chasser, il pleut, il est mouillé, c'est con. Ben quand tu l'dit comme ça, on dirait qu'c'est... le roi qui pleut.

- N'importe quoi ! Mais enfin, quand tu dis il pleut tu sais bien que c''est pas l'action d'une personne quand-même ?

- Ouais ch'sais bien mais c'est quand-même un peut l'impression qu't'as quand même. Tiens je vais te donner une autre phrase : Robert euh... sort de chez lui, il traverse la rue...

- et PAF le chien !

- Maaais ! Arrète de m'interrompre. C'est pas drôle je te signale !

- Hi hi hi... Oh si c'est drôle :)

- Pfff ! Bon où j'en étais moi maintenant ? Oui euh Robert donc. Robert sort de chez lui, il traverse la rue, il pleut, il court jusqu'à sa voiture, il ouvre la portière, il s'installe au volant, il démarre, il fait froid, il met le chauffage... Ça t'le fait pas là ?

- Il a oublié de refermer la portière :)

- Bon ok y'a un moment il referme la portière bien-sûre mais qu'est-ce t'en pense de cette phrase ?

- Ben... Si je veux écrire une énumération comme ça moi, je rappelle Robert par son prénom après il pleut et après il fait froid, c'est tout.

- Ah oui ? Ben moi, j'écris ça pleut, ça fait froid, et comme ça j'ai pas b'soin d'rappler Robert. Et voilà !
Par Scalpa - Publié dans : Les Jumeau-Denfer
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Mercredi 23 janvier 2008 3 23 /01 /Jan /2008 23:45
A ce qui parait, un jour une femme a tué son mari, ou son compagnon ou je sais plus quoi, enfin en gros le gars qui était son mec à domicile, parce que, tous les jours, il oubliait de reboucher le tube du dentifrice qu'il utilisait, et qu'elle était obligée de repasser derrière pour y revisser le bouchon, alors un matin elle a fini par le tuer ; à coups de couteau quand-même...  Bon, le premier truc que je me dis en lisant ça c'est qu'on trouve sans peine des mobiles de meurtres plus évidents, plus percutants enfin je sais pas ce que vous en pensez mais le gars qui tue sa femme et le nouvel homme de sa femme à coup de fusil de chasse et qui se barricade ensuite chez lui avec ses mômes en menaçant de faire tout sauter, c'est pas drôle, c'est carrément insupportable, mais comme cas de figure, c'est un tout petit peu moins surprenant au départ, ça sort pas trop des rails. Son avocat au gars, il peut plaider le crime passionnel enfin... pas toujurs non plus. Bref, là dans l'histoire que j'aborde, c'est le dentifrice le problème. Ben oui, elle avait déjà dû le lui faire remarquer un paquet de fois et lui, il continuait à pas faire attention alors forcément, y'a un moment où ç'en est trop ! Alors Machine un matin elle pête les plombs et ça fout en l'air au moins deux vies d'un coup en une poignée de secondes.

Tout ça pour un tube de dentifrice ?

Au début de leur liaison - je dis ça, je les connais pas, j'ai juste lu un vieil article très court et envisagé deux parcours de vies qui tentent de s'accorder un lien commun viable, on peut imaginer - au premiers temps de leur liaison, ou au moment qu'ils viennent de se mettre ensemble sous le même toit, il n'y a probablement pas une chaussette qui trainait, pas un poil de barbe de Machin oublié dans le lavabo, le tube de dentifrice de Machin trônait au côté de celui de Machine dans le même gobelet avec leurs bouchons bien vissés. C'est le temps où Machine trouve Machin attentionné, prévenant, protecteur et aimant, le temps où elle se sait belle et désirée juste en le voyant la regarder, en écoutant le son de sa voix quand il lui parle, enfin des trucs comme ça quoi... Puis au fil du temps, alors que les enfants grandissent, que la routine s'installe, que les habitudes prennent le pouvoir sur l'improvisation, que l'originalité lache le terrain à l'ennui, que les tâches quotidiennes s'enchaînant pour dresser un écran de fumée éloignant toute chance de lucidité et baignent ces deux-là dans le confort naïf d'une sécurité illusoire où chacun s'applique à être fidèle au personnage que la relation lui a donnée et qu'il s'impose de jouer. Viennent les disputes adictives, les réflexions acides, les mesquineries ordinaires, l'inconsidération conjugale, l'orgueil qui étrangle la confiance et interdit le dialogue sincère, puis s'ils continuent, si aucun ne se réveille et ouvre les yeux sur ce qu'est devenu SA vie, se profilent les coups de canif dans ce qui depuis longtemps n'est plus qu'une ruine de contrat, les adultaires de l'ombre qui n'ont ni la prétention ni la foi ni les couilles de prendre leur envol et demeurent cachées au profond de la vase de l'étang , laissant échapper de temps en temps une bulle de gaz immonde aux odeurs de négligeance umiliante qui remonte creuver à la surface . Alors peut-être Machine sent-elle parfois sur la veste de Machin un parfum qui n'est pas le sien, peut-être y fait-elle les poches à cette veste-là, ou peut-être ne veut-elle surtout pas y plonger ses mains par crainte de savoir ce qu'elle devine, peut-être lui arrive-t-il depuis quelques temps de frotter compulsivement dans la voiture familiale ce qu'elle reconnaît être des traces de tallon-aiguille laissées le long de la boîte à gants. Alors ce matin, elle vient de croiser pour la énième fois le tube de dentifrice ouvert en vrac sur le côté du lavabo avec son bouchon semé de l'autre côté. Alors tout se mêle. La bouche ouverte du tube avec un reste de pête lui tirant une langue vert-shewing-gum, les poils de rasage oubliés au fond du lavabo, des talons-aiguilles par centaines portés par des jambes résillées se dressent sous son nez avec des rires de mégères ostiles. Toute la ranqueur accumulée durant toutes ces années derrière le barrage de la raison y pèse de toute sa force, l'édifice cède et un torrent d'eau boueuse déferle dans le petit appartement entraînant tout en direction de la cuisine, du tiroir, du couteau et de Machin. Et tout bascule...

C'est pas possible ça ?

Par Scalpa - Publié dans : Askiparé !
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Mardi 22 janvier 2008 2 22 /01 /Jan /2008 19:29
Un beau jour d'avril (enfin rien ne nous assure qu'il était beau mais on va le laisser quand-même), donc, un beau jour d'avril, Gérard Jumeau rencontre Ginette Denfer. Ils font connaissance, se plaisent, s'accordent, quelques temps après se mettent ensemble - ou en ménage si vous préférez - y amenant chacun les enfants qu'il avait déjà de son côté, prennent un bistrot en gérance, et vivent comme ça tant bien que mal le fil des années, se chamailant comme des môme à longueur de temps au propos de n'importe quel pretexte passant à leur portée. Très rapidement, ils deviennent, pour tous les habitants du quartier, les Jumeau-Denfer.

Ce sont justement les dialogues ordinaires de ces deux-là que nous allons retrouver dans cette rubrique.
Par Scalpa - Publié dans : Les Jumeau-Denfer
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Dimanche 20 janvier 2008 7 20 /01 /Jan /2008 18:58
"Elle possèdait une particularité physiologique qui donnait à son orgasme la franchise d'une bonne poignée de main." C'est du Robert Merle, un écrivain franco-épicurien de la seconde moitié du XXe siècle ; un gars qui aimait les mots, les manières de langages, et possèdait - pour sa part - un sens raffiné des périphrases malicieusement pudiques. D'aucun dirait "en gros, ton gars, il faisait des longs discours pour désigner des choses qui tiennent en deux mots je te signale." Admitedly. Mais j'imagine l'éclair de malice dans l'oeil de l'écrivain au moment où il griffe le papier y imprimant ces mots-là. Et, pour dire le vrai, je suis un peu jaloux de ne pas avoir su les concevoir avant lui... Remarque, ce n'est pas si étonnant si je n'y ai pas pensé parce que... Dis donc Robert, Je ne dois sûrement pas serrer des pognes aux mêmes personnes que toi. Ben oui, je veux dire, les mains qu'il m'échoit de devoir étreindre dans les miennes au quotidien n'atteignent que très rarement le quart de la suave et ruisselante franchise de ce que tu dis...

Quant aux chevaux du roi, ils n'ont strictement rien à faire là bordel !
Par Scalpa - Publié dans : Notes d'humeur
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